3. Une discrimination subie inconsciemment

20 Nov

Mais pourquoi toutes les femmes ne sont-elles pas conscientes d’être touchées par ces inégalités ?

En interrogeant des personnes dans la rue, nous nous rendons compte que même si la majorité affirme que les inégalités hommes-femmes existent, beaucoup ne se sentent pas touchées personnellement, et même certaines (très peu nombreuses) nient la présence de telles inégalités.
Ceci peut s’expliquer par une éducation véhiculant ces inégalités et donc les faisant passer pour des choses normales, comme dans le manuel scolaire d’économie familiale domestique publié en 1960 au Québec où l’on apprend aux jeunes filles :  » souvenez-vous que ses sujets de conversation sont plus importants que les vôtres », « les centres d’intérêt des femmes sont souvent assez insignifiants comparés aux hommes », « le plaisir de l’homme est plus important que celui de la femme ».
La religion peut être aussi un moyen utilisé pour faire passer ces inégalités de façon implicite. « Toutes les religions mettent l’accent sur la mainmise de l’homme sur la femme » selon le livre de Ghassan Ascha. L’exemple le plus utilisé pour démontrer cela est la femme musulmane.

L’exemple de la femme musulmane :

Beaucoup de stéréotypes et de préjugés se sont accumulés sur ce sujet. « La femme musulmane est opprimée par l’islam » est un des adages le plus souvent admis à travers le monde.
Cependant parmi les reproches adressés aux musulmans, celui concernant la discrimination de la femme musulmane reste des plus vrais malgré la vision réductrice que peut en faire l’occident.
En effet, on trouve dans les pays arabes 70 millions d’analphabètes dont 45 % sont des femmes. Celles-ci bénéficient également d’un statut de mineure à vie et d’une absence d’autonomie, par exemple la loi interdit aux femmes de conduire. De plus ils existe de nombreux obstacles à leur participation politique, et la présence de mariages forcés persiste.
Tout cela est cautionné par une certaine interprétation des textes religieux (réalisée principalement par des hommes). Donc on peut dire que le vrai problème qui se pose n’est pas vraiment le Coran en lui-même, mais plutôt ce qui en a été fait à travers des siècles et des siècles de lectures et d’interprétations sexistes envers les femmes.
Le port du voile en est l’un des plus grands débats. Les femmes musulmanes ne s’accordent pas sur ce point. Certaines pensent comme Fadela Amara qui annonce dans l’Express du 11 décembre 2003 : « Pour nous, le voile n’a pas de connotations religieuses. C’est le sceau de l’humiliation des femmes. », d’autres n’y voient pas les traces d’une inégalité et considèrent qu’il s’agit de leur devoir divin. Mais lorsque ces femmes répondent « oui, c’est mon choix », ne s’agit-il pas plutôt d’auto-persuasion de la part de victimes, malgré elles, d’une discrimination féminine ?

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