Archive | novembre, 2011
29 Nov

Des études similaires ne menant pas aux mêmes emplois

En effet, bien que les femmes soient en moyenne plus diplômées que les hommes (ex : les diplômé(e)s de la promotion 2001 sont à 62 % des filles. De plus les filles non qualifiées n’étaient que 37 %), elles n’obtiennent que 13 % des postes clés d’une entreprise.

Les femmes considérées comme “intruses”

Le modèle maternel est toujours fort, même pendant une crise économique. Et ainsi dans les années 30 (période de crise économique du XXe siècle), les femmes fonctionnaires mariées abandonnent leur emploi et laissent la place aux hommes.
Ce phénomène ne s’observe pas que pendant les crises. Pendant les 30 Glorieuses (période de plein-emploi allant de 1945 à 1973), c’est l’apologie des ménagères et donc les femmes qui travaillent ont presque besoin de s’excuser.

Des femmes subissant le phénomène de la « double journée »

Les femmes vivent dans un environnement économique et culturel tel qu’il ne leur permet souvent pas de réaliser le projet de vie auquel elles peuvent aspirer. Celles qui travaillent doivent dans la plupart des cas assumer les tâches domestiques et familiales. Ainsi se crée un phénomène de « double journée » : les femmes doivent assurer autant leur travail que leur vie familiale.

De plus, les tâches ménagères n’arrangent pas les choses quand on voit que les hommes en font moins en général que les femmes. En effet, les femmes y passent 3 à 4 heures par jour en moyenne. Alors que les hommes, eux, n’y passe que 2h10 par jour.

Les femmes subissent des écarts de salaire importants et sont limitées dans leur carrière

Le taux d’emploi des femmes est de 15 points de pourcentage plus faible que celui des hommes, ceci découle du fait que les femmes ont des enfants et sont donc souvent contraintes à mettre leur carrière en suspens, en plus du phénomène du plafond de verre qui limite déjà les femmes (de manière générale) dans leur carrière.
Mais ce n’est pas tout, elles ne sont pas seulement limitées dans leur carrière, elles subissent également des écarts de salaire par rapport aux hommes, non légitimes. En effet, selon une étude de l’INSEE en 2012, les hommes gagnent 20 % de plus que les femmes. Pourtant, la loi du 23 mars 2006 relative à l’égalité salariale prévoit qu’en 2010 les écarts de salaire entre les hommes et les femmes soient supprimés, à défaut les entreprises seraient pénalisées. Cependant nous sommes aujourd’hui en 2012 et l’égalité sur les salaires n’a toujours pas été respectée par les entreprises. En bref, pour atteindre un salaire égal au sexe opposé, les femmes doivent travailler 19 jours de plus. De plus, les femmes obtiennent plus souvent des contrats à durée déterminée (CDD) que les hommes, les limitant davantage.

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3. Une discrimination subie inconsciemment

20 Nov

Mais pourquoi toutes les femmes ne sont-elles pas conscientes d’être touchées par ces inégalités ?

En interrogeant des personnes dans la rue, nous nous rendons compte que même si la majorité affirme que les inégalités hommes-femmes existent, beaucoup ne se sentent pas touchées personnellement, et même certaines (très peu nombreuses) nient la présence de telles inégalités.
Ceci peut s’expliquer par une éducation véhiculant ces inégalités et donc les faisant passer pour des choses normales, comme dans le manuel scolaire d’économie familiale domestique publié en 1960 au Québec où l’on apprend aux jeunes filles :  » souvenez-vous que ses sujets de conversation sont plus importants que les vôtres », « les centres d’intérêt des femmes sont souvent assez insignifiants comparés aux hommes », « le plaisir de l’homme est plus important que celui de la femme ».
La religion peut être aussi un moyen utilisé pour faire passer ces inégalités de façon implicite. « Toutes les religions mettent l’accent sur la mainmise de l’homme sur la femme » selon le livre de Ghassan Ascha. L’exemple le plus utilisé pour démontrer cela est la femme musulmane.

L’exemple de la femme musulmane :

Beaucoup de stéréotypes et de préjugés se sont accumulés sur ce sujet. « La femme musulmane est opprimée par l’islam » est un des adages le plus souvent admis à travers le monde.
Cependant parmi les reproches adressés aux musulmans, celui concernant la discrimination de la femme musulmane reste des plus vrais malgré la vision réductrice que peut en faire l’occident.
En effet, on trouve dans les pays arabes 70 millions d’analphabètes dont 45 % sont des femmes. Celles-ci bénéficient également d’un statut de mineure à vie et d’une absence d’autonomie, par exemple la loi interdit aux femmes de conduire. De plus ils existe de nombreux obstacles à leur participation politique, et la présence de mariages forcés persiste.
Tout cela est cautionné par une certaine interprétation des textes religieux (réalisée principalement par des hommes). Donc on peut dire que le vrai problème qui se pose n’est pas vraiment le Coran en lui-même, mais plutôt ce qui en a été fait à travers des siècles et des siècles de lectures et d’interprétations sexistes envers les femmes.
Le port du voile en est l’un des plus grands débats. Les femmes musulmanes ne s’accordent pas sur ce point. Certaines pensent comme Fadela Amara qui annonce dans l’Express du 11 décembre 2003 : « Pour nous, le voile n’a pas de connotations religieuses. C’est le sceau de l’humiliation des femmes. », d’autres n’y voient pas les traces d’une inégalité et considèrent qu’il s’agit de leur devoir divin. Mais lorsque ces femmes répondent « oui, c’est mon choix », ne s’agit-il pas plutôt d’auto-persuasion de la part de victimes, malgré elles, d’une discrimination féminine ?

Discrimination par la langue française

20 Nov

L’avis du dictionnaire :

– Homme : Être humain de sexe masculin.

– Femme : Être humain de sexe féminin.

__________

-Inégalité : Différence qui crée un avantage et/ou un désavantage.

__________

– Homme : Être humain de sexe masculin considéré du point de vue de ses qualités attribuées communément à son sexe (virilité, courage, etc.). Défends-toi si t’es un homme.

– Femme : Être humain de sexe féminin considéré par rapport à ses qualités, ses défauts, ses activités, ses origines,etc.

>> On retrouve un mot péjoratif pour cette définition : « femmelette ». Alors que pour l’homme il n’existe pas d’équivalent péjoratif.

>> Dans le dictionnaire Larousse, on accorde 34 lignes pour la définition « homme » alors que seulement 12 lignes sont accordées à la définition « femme ».

En grammaire …

Le masculin l’emporte.

Même s’il n’y a qu’un seul homme dans un groupe de femmes, on utilisera « ils » plutôt que « elles » : on accorde donc au masculin. Ainsi dans ce cadre là, la valeur d’un seul homme est plus grande que la valeur de plusieurs femmes.

Exemple : Paulette et son cousin semblaient joyeux.

>> Ils semblaient joyeux.

II-Evolution de la situation des femmes

19 Nov

Bien que les inégalités hommes-femmes soient toujours d’actualité, elles ont évoluées.

La société s’est aperçue de leur existence, et des structures (telles que des lois) ont été mises en place pour lutter contre elles. Nous notons également une féminisation dans le milieu du travail où les femmes actives sont plus nombreuses et occupent plus qu’avant des postes à responsabilités. Nous tendons à nous rapprocher d’une égalité entre les hommes et les femmes, cependant le chemin reste encore long.

Quelques dates…

18 Nov

1791 : Déclaration des droits de la femme et de la citoyenne en France.

1804 : Le Code civil accorde les droits civils aux femmes ; mais pas les droits politiques.

1893 : La nouvelle Zélande est le premier pays à accorder le droit de vote aux femmes.

21 Avril 1944 : Le droit de vote est accordé aux femmes en France.

27 Octobre 1946 : Le préambule de la constitution proclame : «La loi garantit à la femme dans tous les domaines, les droits égaux à ceux des hommes. »

6 Juin 2000 : Loi sur la parité en politique en France, présentation des candidates aux élections.

10 mai 2001 : La loi Génisson exige l’égalité professionnelle entre hommes et femmes.

Depuis 1789, on remarque un mouvement progressif d’émancipation.

1. Structures mises en place pour une meilleure condition des femmes

18 Nov

« Les femmes ont le droit de se révolter contre les lois parce qu’on les a faites sans elles » Montaigne.

C‘est depuis le Moyen-Âge et jusqu’à aujourd’hui que progressivement, et de plus en plus intensément, des personnes  réclamant l’égalité entre les hommes et les femmes dans différents domaines que ce soit politique, social ou économique ont commencé à apparaître.

Cette invitation à l’égalité s’exprime tout d’abord à travers de simples écrits ou discours, qui se transformeront pour certains en lois, congrès, organisations constituant aujourd’hui les structures mises en place pour une meilleure condition des femmes.

Des écrits et des discours…

  • Au XVe siècle

1405 : Christine de Pisan dénonce dans la Cité des Dames la misogynie des clercs et s’élève contre les discriminations dont les femmes sont victimes.

  • Au XVIIe siècle

1622 : Marie de Gournay, « fille d’alliance » de Montaigne et une des premières féministes, soutient que la femme n’est pas inférieure à l’homme par nature mais du fait de son éducation, ce qui rejoint les idées de Simone de Beauvoir et de Vincent Cespedes de notre époque actuelle.

  • Au XVIIIe siècle

1790 : Dans son Admission des femmes au droit de cité, le philosophe Condorcet plaide pour le droit de vote des femmes et dit : « songez qu’il s’agit des droits de la moité du genre humain« .

  • Au XIXe siècle

1876 : Hubertine Auclert, fondatrice du groupe Le Droit des femmes, proclame lors du congrès de Marseille : « Qui dit droit, dit responsabilité, la femme doit travailler, n’étant pas moins tenue de produire que l’homme, vu qu’elle consomme. Qu’il y ait pour les deux sexes même facilité de production, et application rigoureuse de cette formule économique : à production égale, salaire égal.« 

  • Au XXe siècle

1949 : Simone de Beauvoir, une féministe affirmée pour l’autonomie de la femme (Réf. : Le Deuxième Sexe). Une nouvelle vision de la femme est montrée.

1997 : Lionel Jospin, à l’époque premier ministre français, déclare dans un discours : « Il faut permettre aux françaises de s’engager sans entrave dans la vie publique. Dans ce domaine, le progrès passe d’abord par l’évolution des mentalités et le changement des comportements. Une révision de la Constitution, afin d’y inscrire l’objectif de la parité entre les femmes et les hommes sera proposée« 

  • Au XXIe siècle

2000 : Une Marche des Femmes est organisée à l’échelle internationale contre la pauvreté et la violence faite aux femmes.

2010 : Le sociologue Vincent Cespedes déclare dans une interview (au Salon Zen et Bien être de Paris) : « Le féminisme c’est l’égalité des droits« 

…Engendrant la mise en place de structures favorisant la condition des femmes

  • Une femme de plus en plus autonome

Avec la Révolution Française de 1792, la femme commence progressivement à être de plus en plus autonome, à avoir ses propres responsabilités et à devenir de moins en moins dépendante de leur mari. Cette année-là, le divorce par consentement mutuel est d’ailleurs instauré par la loi. Cette autonomie peu à peu obtenue se renforce au XXe siècle avec l’autorisation à la femme mariée d’adhérer à un syndicat sans l’autorisation de son mari en 1920, et en 1937 elle a la possibilité d’obtenir un passeport encore une fois sans l’autorisation de son mari. L’année d’après, en 1938, le Code Civil de 1804 est lui-même modifié (art. 213) : son changement implique la suppression de l’incapacité juridique des femmes. Mais le véritable tournant se situe en 1965 : la femme peut finalement avoir un emploi sans l’autorisation de son mari et dispose également librement de ses biens.  Quant à la vie de famille, à partir de 1970, la notion de « chef de famille » disparaît : la loi stipule que désormais « les deux époux assurent ensemble la direction morale et matérielle de la famille« . Le choix du domicile conjugal devient commun cinq ans plus tard et la loi supprime la possibilité au mari de lire les correspondances de sa femme. Enfin, récemment, en 2006, l’âge légal du mariage passe à 18 ans au lieu de 15, pour limiter les mariages forcés encore réalisés à notre époque.

La femme devient donc de plus en plus autonome et prend son indépendance : elle obtient plus de libertés. Libertés renforcées avec un changement radical pour la femme, dans son accès aux études notamment.


  • Un meilleur accès aux études

Il a fallu attendre 1836 pour que les filles aient, elles aussi,  le droit d‘avoir la même éducation scolaire que les garçons. C’est en effet en 1836 que l’enseignement primaire public pour les filles est créé suivi en 1838 par la création de la première école normale d’institutrices : les filles peuvent même enseigner (en école primaire). D’ailleurs en 1850, une école publique pour filles est obligatoire dans chaque commune de plus de 800 habitants (malgré que l’école soit encore payante et non obligatoire). Mais leur enseignement ne se limite plus au primaire, en effet en 1862 Elisa Lemonnier, une éducatrice, donne l’accès aux jeunes filles à l’enseignement professionnel féminin, public et laïque; puis en 1880 à l’enseignement secondaire (Loi Camille Sée). Cette année-là, les femmes ont donc accès à l’université (la Sorbonne leur est désormais accessible). Mais c’est bien la loi du ministre Jules Ferry en 1881 qui rend l’enseignement primaire obligatoire pour tous (jusqu’à 16 ans) qui met les filles et les garçons sur un pied d’égalité au niveau de la scolarité. Elles excelleront d’ailleurs dans ce domaine : Marie Curie obtient deux prix Nobel en 1903 et 1911 pour ses travaux et découvertes. Et d’ailleurs bien plus tard en 1971 on remarquera que les filles rattrapent les garçons en nombre dans l’enseignement supérieur.

Les femmes ont donc un meilleur accès aux études et réussissent dans ce domaine. Les évolutions depuis 1836 ont permis aujourd’hui aux femmes de pouvoir étudier et enseigner librement. Ce dernier point touchant au travail, nous allons dès à présent l’aborder.

  • Une meilleure insertion des femmes dans le travail…

Au XVIIe-XVIIIe siècle, on admet que le licenciement d’une travailleuse en raison de sa grossesse constitue une discrimination féminine. A cette époque on ne fait que l’admettre sans réellement prendre de mesures. Les évolutions vont arriver bien plus tard, seulement en 1966 où la loi interdit de licencier une femme enceinte MAIS uniquement pendant les 12 semaines suivant l’accouchement. L’article 119, devenu depuis l’article 141 du Traité de Rome de 1957, affirme l’égalité de salaire entre les hommes et les femmes pour un travail de niveau égal. Il stipule en effet que « chaque État membre assurera pendant la première phase, puis par la suite maintiendra, le principe selon lequel les hommes et les femmes doivent, à travail égal, recevoir un paiement égal ». Cette norme est confirmée par la loi française de 1972.

Les femmes sont de mieux en mieux insérées dans le milieu du travail, cependant comme nous l’avons précisé dans la première partie ; malgré les mesures prises les salaires ne sont toujours pas égaux entre homme et femme pour un même poste.

 

  • …Et dans la politique

La participation des femmes à la politique débute au XVIIIe siècle. En 1788, les États Généraux autorisent les femmes veuves ou nobles tenant fief (=possédant un domaine) à prendre part au vote bien qu’elles ne soient pas éligibles. De plus, les femmes participent activement à la rédaction des cahiers de doléances (=registres dans lesquels sont consignés les vœux, dans  la France de l’Ancien Régime).

Mais les principales évolutions se font au XXe siècle. En 1907 par exemple, la loi donne le pouvoir aux femmes d’élire et d’être élues aux tribunaux des prud’hommes, et en 1936 Léon Blum nomme trois femmes à son gouvernement. Nous passons un tournant quand, après six tentatives de loi, le 29 avril 1945 a lieu le premier vote féminin. Aujourd’hui nous sommes parvenus à franchir le cap des 100 députées à l’Assemblée Nationale (en juin 2007).

La discrimination des femmes dans la vie politique diminue peu à peu au fil des années. L’égalité n’est néanmoins pas atteinte dans ce domaine.

  • Les organisations et évènements parfois à l’origine du changement

Cette évolution pour les femmes ne s’est pas faite toute seule. Beaucoup d’organismes, de journaux et d’évènements ont participé à la réduction des inégalités. En effet les femmes commencent peu à peu à agir avec en 1832 la création du journal « La femme libre » et en 1848 celui intitulé « La Voix des femmes ». Ce « soulèvement » des femmes se concrétisera en 1888 avec la fondation du Conseil International des Femmes (CIF) en 1967 avec la création du Women’s Lib aux États-Unis suivi par celle du Mouvement de Libération des Femmes (MLF) en 1968. En 1974, l’État français créera un Secrétariat d’État à la condition féminine et trois ans plus tard les Nations Unies mettront en place « la journée internationale des droits des femmes« . Des conférences mondiales sur les femmes ont également eu lieu, tout les domaines (ou presque) où la femme est discriminée ont été évoqués (en 1975 à Mexico, en 1980 à Copenhague,  à Nairobi en 1885 et à Beijing en 1995). Nous pouvons également citer à l’échelle internationale la Marche Mondiale des Femmes contre la pauvreté et la violence faite aux femmes en 2000.

Du journal à la conférence mondiale, tous ont participé à l’amélioration de la condition de la femme.

Le Women’s Lib et le MLF

18 Nov